LA PHOTOFINISH - ANALYSE
Fort de notre connaissance de la façon dont est ‘construite’ la photofinish, analysons ce que l’on y voit et comment elle est exploitée.
La photo ci-dessous est un instantané de l’arrivée à DAX l’an dernier.

Photo : A.S.O. - AFP
Et celle-ci-dessous c’est la photofinish de cette même arrivée.
Que pouvons-nous remarquer ?
Tout d’abord on n’y voit pas l’ensemble des informations visibles par les chronométreurs officiels à savoir les informations de traçabilité (date, épreuve, opérateur…) ni la grille de temps en dessous.
La route parait blanche avec des rayures grises, c’est normal puisque la photo prend toujours la même petite partie de la ligne d’arrivée qui est peinte en blanche. Les microreliefs du goudron portent des ombres expliquant ces rayures grises.
Au fond, il y a une bande jaune une grise et deux blanches. La jaune correspond au bas de la structure où se trouvent les juges (à gauche sur la photo instantanée).
La bande grise correspond à la barrière en plexiglas de la structure et les 2 blanches à une partie d’une lettre du logo FESTINA (parions que c’est le A !).
Les dossards sont bien visibles. Ce n’est pas toujours le cas, c’est pour cela que la photofinish ne sert pas elle seule au classement (du moins sur le Tour de France).
Si l’on regarde d’un peu plus près, on voit que les rayons des roues ne sont pas droits mais semblent tous cintrés. C’est un effet combiné du à l’échantillonnage des photos (ne pas oublier qu’elles sont toutes prises au même endroit) et à la vitesse linéaire instantanée qui est variable en chaque point de ce rayon.
La seconde caméra placée à droite donne une image qui permet d’établir ces positions avec précisions.
Les traits verticaux sont des repères mis en place par les chronométreurs officiels et qui permettent d’établir les temps. Comme on peut le voir ici, c’est la tangente à la roue avant qui établit la position de chaque coureur. Le classement au temps suit d’autres règles car si l’on devait en permanence établir le classement au 1/10000 de seconde ce serait un peu fastidieux. Lors d’une arrivée au sprint comme celle-ci tous les coureurs sont classés dans le même temps (celui du premier) dès lors qu’il n’y a plus d'une seconde d’écart entre la roue arrière d’un coureur et la roue avant de celui de son suivant.
Pour O. Freire (le dossard 56) et pour R. Mac-Ewen, le dossard 65, établir la tangente à la roue avant est une opération simple. Pour le dossard 181 (E. Zabel) et le dossard 101 (T. Boonen), cela semble provenir d’un estimation de la position exacte. Ce n’est pas le cas pour la simple raison qu’il s’agit là de la photo-finish réalisée par la caméra placée du côté gauche de la ligne.
La seconde caméra placée à droite donne une image qui permet d’établir ces positions avec précisions.
Habituellement on ne montre qu’une photo-finish pour une meilleure compréhension, seuls les chronométreurs ont accès aux 2.
La photo ci-dessous montre un écran du logiciel d'exploitation de la photo finish. On y visualise clairement les repères de temps servant à établir le classement. On remarque aussi qu’en athlétisme c’est la poitrine qui permet d’établir les temps d’où l’importance du « cassé » sur la ligne d’arrivée. On y retrouve le classement de l'épreuve ainsi que l’heure exacte de l’impulsion de départ.
Publicité